Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

La bataille de Gaulle - partie 1 : L'âge de fer

On pouvait craindre beaucoup de choses à propos de ce film : qu'il soit une hagiographie éhontée, qu'il étouffe l'histoire au profit de l'anecdote, qu'il joue le spectaculaire ou la sensiblerie à l'excès, ou qu'il verse dans la caricature facile.

Le réalisateur Antonin Baudry évite à peu près tous ces pièges, construisant une oeuvre complète et ambitieuse, qui donne à voir la figure du Général sans l'embellir (son côté psycho-rigide est rendu à l'écran sans atténuation), tout en creusant la complexité de l'époque.

L'attitude de Churchill, tantôt romantique, tantôt froidement pragmatique, est ainsi restituée avec beaucoup de finesse, tout comme les innombrables trahisons qui parsemèrent la première partie de la guerre.

Le film alterne les passages plutôt intimistes (très bel arc narratif autour du personnage de Fernand) et les moments beaucoup plus spectaculaires, comme la bataille de Bir Hakeim, reconstituée avec une maestria assez rare dans le cinéma français.

Le tout est bien balancé, servi par une mise en scène qui n'hésite pas à se montrer parfois imaginative, et un casting quatre étoile, parmi lequel il faut mentionner la prestation de Simon Abkarian en De Gaulle, impeccable de sobriété.

J'ai été happé par ce film sans prétention, mais pas sans ambition, et n'ai qu'une hâte : voir le second opus.

 

3e

Voir les commentaires

Disclosure day

Qu'apporte Disclosure day à la filmographie de Spielberg, et plus globalement au sous-genre de la science-fiction qui nous parle des extra-terrestres ?

Eh bien, par grand-chose, et c'est là le problème du film, qui paraît par bien des aspects terriblement daté, comme d'un autre temps. 

Si le savoir-faire du maître sauve un peu les apparences, il faut dire qu'on s'ennuie un peu, perdu que l'on est parmi une myriade d'idées et de concepts tous plus éculés les uns que les autres : des artefacts qui sont capables de tout faire (de la cape d'invisibilité à la prise de contrôle d'un esprit à distance), des illuminations sublimes qui font parler en coréen couramment quand on ne l'a jamais appris, des extra-terrestres capables de se transformer en animaux, une poupée à la grosse tête façon ET, etc.

Tout cela a été vu mille fois, et la répétition énervante de certains gimmicks (les méchants arrivent toujours dans dix voitures noires avec gyrophare) rend l'expérience parfois très pesante.

Ce n'est donc vraiment pas très bon. Dernier point : le film semble involontairement donner des argument aux théories complotistes de type Rosswell, et cela pourra en choquer certains.

Josh O'Connor et Emily Blunt font leur maximum, mais cela ne suffit pas à extraire Disclosure day de sa gangue de médiocrité façon 80's.

 

2e

Voir les commentaires

Concours Justa : Gagnez 3 DVD

A l'occasion de la sortie en DVD chez Epicentre Films de Justa, je vous propose de gagner le DVD du film.

Pour ce faire :

 - Répondez aux questions suivantes:
1) Quel film de la réalisatrice a été présenté au festival de Cannes 1998 et l'a fait connaître ?
2) De quelle nationalité est la réalisatrice du film, Teresa Villaverde ?
 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 5 juillet, 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

Voir les commentaires

Le grand Phuket

Ce premier film ne marquera certainement pas l'histoire récente du cinéma chinois, comme on pu le faire Black dog ou les films de Diao Yinan, mais il présente l'avantage de nous faire pénétrer dans la vie quotidienne chinoise contemporaine.

Le réalisateur Liu Yiaonan nous montre ainsi une famille pauvre résidant dans un immeuble destiné à être détruit au profit d'un projet immobilier pharaonique, ainsi que le fonctionnement d'une école chinoise permettant la mixité sociale.

L'originalité du film est de mettre en scène dans ce décor intéressant l'histoire somme toute classique d'un adolescent mal dans sa peau, découvrant l'amitié, l'amour et la complexité des relations sociales avec les adultes, tout en y adjoignant des parenthèses résolument fantastiques.

Le mélange ne fonctionne pas toujours, mais il est difficile de ne pas éprouver une certaine tendresse devant cette avalanche d'intentions, si typique des premiers films, dans lesquels les auteurs semblent toujours vouloir mettre l'intégralité de leur monde intérieur.

On suivra avec attention la suite de la carrière de Liu Yiaonan.

 

2e

Voir les commentaires

Kika

Rattrapage Canal+

Voici un très beau deuxième film de la réalisatrice Alexe Poukine, qui nous donne à voir un magnifique personnage de jeune femme.

Kika (excellente Manon Clavel) quitte son compagnon qu'elle n'aime plus et dont elle a eu une fille, pour David, dont elle tombe enceinte.

David meurt soudainement, et Kika se retrouve complètement fauchée. C'est une des plus grandes qualités du film de montrer la précarité quotidienne d'une famille monoparentale : le retour (compliqué) chez les parents, les ami(e)s compatissant(e)s mais impuissant(e)s, les ersatz bout de chandelle. 

Et puis un jour, Kika découvre par hasard que vendre ses culottes sales peut lui rapporter beaucoup d'argent. De fil en aiguille, elle s'intègre dans le petit monde des hommes masochistes et finit par y gagner sa vie, ce qui permet à Alexe Poukine de dresser de très beaux portraits d'hommes à la fois désespérés et touchants.

Kika est un très beau film générationnel qui offre de très délicats instantanés, avec une spontanéité séduisante et une sensibilité à fleur de peau qui apparait comme unique dans le cinéma français.

Un film à découvrir.

 

3e

Voir les commentaires

ChaO

Sorti subrepticement en mai de cette année, ce beau film du studio japonais novateur Studio 4°C est un véritable bijou, susceptible de raviver chez les amateurs d'anime les frissons qu'ont provoqué les films des studios Ghibli.

Tout ici est original : la narration un peu punk, l'animation par moment baroque, le propos décalé. Le spectateur, suivant ses goûts et son habitude des productions japonaises, pourra être tour à tour intrigué, charmé, choqué et ému.

Pour ma part j'ai adoré le déferlement de couleurs au service d'une comédie romantique renversant le principe de La belle et la bête (un beau jeune homme se voit contraint un-e poisson extrêmement laid). La mise en scène est d'une rare intelligence, les trouvailles fourmillent.

Un film à découvrir.

 

3e

Voir les commentaires

L'objet du délit

A l'image de son titre bizarre, le nouveau film d'Agnès Jaoui semble chercher longtemps son "ton".

Lors d'une longue première partie, l'impression générale que donne le film est de renvoyer dos à dos deux groupes irréconciliables.

D'un côté les boomers blasés et en grande partie impuissants, qui ne comprennent pas les enjeux de la modernité, qui tremblent parfois de se voir rattraper par une affaire "MeToo opéra", très méprisants vis à vis des plus jeunes. D'un autre les jeunes woke, pour la plupart écervelé(e)s, érigeant leurs exigences sous forme de phallus dans le décor de la pièce. La jeune metteuse en scène, jouée par Claire Chust, est même ridiculisée.

On se dit à se moment-là que Jaoui n'aime vraiment pas ses personnages, et la vision du film est assez difficile à supporter, jusqu'à ce que point de vue change à l'occasion d'une agression sexuelle, qui n'en est d'ailleurs pas vraiment une.

Agnès Jaoui semble alors retrouver un regain d'énergie, jouant plusieurs partitions mineures de comédie romantique, de déclaration d'amour à l'art vivant et de comédie sociale. L'objet du délit redevient alors aimable, même s'il ne fait pas oublier qu'il ne traite en profondeur aucun des problèmes qu'il survole.

Un peu d'indulgence m'amène à dire qu'au final l'expérience n'était pas si désagréable, même si certains pourront reprocher à Agnès Jaoui sa manière de sous-estimer le sujet du harcèlement sexuel.

 

2e

Voir les commentaires

The plague

Rien de bien original dans le propos du premier film du jeune Américain Charlie Polinger, qui nous propose une histoire de harcèlement dans un groupe de jeunes garçons en stage de .... water-polo.

Ce qui fait l'intérêt de cette première oeuvre, c'est l'incroyable maestria de la mise en scène, extrêmement précise, punchy et résolument moderne. 

Le montage, la direction d'acteur et l'élégance des mouvements de caméra rendent la proposition tout à fait plaisante à suivre, si l'on n'est pas gêné par le sadisme débonnaire de ces jeunes mâles qui chassent en meute.

Quelque part entre Sa majesté des mouches et Black Swan (les aspects presque fantastiques, les mutilations corporelles), The plague est un coup de maître qui place Polinger dans le club des cinéastes à suivre absolument.

A noter que le casting des ados, emmené par le magnétique Everett Blunk, contribue grandement à la qualité de ce film, à la fois sensoriel et cérébral.

A voir absolument si vous le pouvez.

 

3e

Voir les commentaires

L'être aimé

Il y a un an, au Festival de Cannes, un film mettait en scène une actrice pas très bien dans sa peau, à laquelle un père réalisateur, et jusque là absent, proposait un rôle. Il s'agissait de Valeur sentimentale, de Joachim Trier, qui séduisait par sa virtuosité et la variété des thèmes qu'il abordait.

Cette année, Rodrigo Sorogoyen propose pratiquement le même canevas pour son nouveau film L'être aimé : Javier Bardem est presque aussi désagréable que Stellan Skarsgård, et Victoria Luengo campe un personnage aussi instable que celui qu'interprétait Renate Reinsve.

Le niveau est pourtant bien plus faible dans le film espagnol, et c'est à mon avis dû aux manques de développement du scénario. Les personnages principaux sont figés dans leur posture (sourcils broussailleux et regard ombrageux pour Bardem), sans que leur relation soit véritablement l'enjeu d'un développement narratif. Les personnages secondaires sont sacrifiés, à l'image d'une Marina Foïs transparente, et les thématiques annexes juste esquissées.

Il manque à la fois un peu plus de chair et de profondeur à L'être aimé pour susciter un véritable intérêt. Le film est aussi beaucoup trop long, et ce ne sont pas ses inutiles coquetteries (quelques plans en noir et blanc) qui peuvent nous distraire. 

A noter que c'est le troisième film de la compétition de Cannes 2026 qui montre à la fois un créateur et sa création. Cette répétition excessive donne au final une impression d'entre-soi chichiteux. Autrement dit, on commence à en avoir marre des états d'âmes de ces artistes mal dans leur peau (et par ailleurs pleins aux as).

Pour être tout à fait juste, deux scènes méritent d'être sauvées : la première conversation, merveille de champ/contrechamp au plus proche des visages, et la scène de tournage du repas, qui donne une vue à mon avis assez juste de l'emprise harcelante que peut avoir un cinéaste sur son équipe.

 

2e

Voir les commentaires

Cocotte

Drôle de film que cet essai du Hongrois György Pálfi, qui tente la même prouesse que Jerzy Skolimowski dans EO : nous raconter les turpitudes de l'espèce humaine à travers un regard animal. Il s'agit ici d'une poule, alors que le Polonais donnait le premier rôle à un âne.

Le début du film est construit comme un survival. Notre valeureuse poule noire (c'est à sa couleur qu'elle doit à la fois sa survie et ses déboires) doit échapper à mille dangers une fois en liberté. Pêle-mêle : un renard, des véhicules lancés à pleine vitesse, une manifestation (!?), un marché, un chien. 

Alors qu'elle trouve refuge auprès d'un vieil homme dans une taverne grecque à l'abandon, elle doit alors subir une vicissitude de plus : le viol du coq de la basse-cour, symbole de l'oppression millénaire du patriarcat gallinacé (et pas seulement). 

Alors que le spectateur séduit, et en partie égaré, se demande où cette aimable fable va le conduire, le film prend une teinte dramatique à travers le sort de malheureux êtres humains, victimes d'un tragique concours de circonstances, initié par notre aimable volatile (joué par huit poulets différents, il faut le préciser).

Cocotte prend alors une tournure plus traditionnelle, et donc un peu moins intéressante, avant de virer à la tragédie grecque et de se terminer comme un film (très) noir.   

Une expérience intéressante et un film hors du commun.

 

2e

Voir les commentaires

Autofiction

Dans son dernier film, Pedro Almodovar propose une double mise en abyme, puisqu'il met en scène un cinéaste qui lui ressemble beaucoup, et qui lui-même écrit un scénario sur une réalisatrice qui lui ressemble.

Le sujet principal du film, c'est la faculté (le droit ?) qu'ont les créateurs de s'inspirer de personnages réels de leur entourage pour créer des fictions. Cela pourrait être intéressant, mais le procédé ne fonctionne pas réellement ici, pour trois raisons principales.

La première est qu'il faut attendre la fin du film pour que les véritables enjeux éclatent, et comme la première partie d'exposition est assez insipide, on s'ennuie légèrement. La deuxième est l'inconvénient de l'autofiction est ici bien anodin (il s'agit d'une vague ressemblance avec une amie de la secrétaire du cinéaste), surtout à l'aune de ce qu'on a pu connaître dans le microcosme français (pensons aux livres d'Emmanuel Carrère ou de Christine Angot).

La troisième est que le vertige narratif qui pourrait nous saisir n'existe pas, par manque d'imagination : on ne doute jamais de ce que l'on voit, le scénario ne ménage aucune surprise (par exemple des repentirs qui reprendrait l'histoire différemment). En bref, Almodovar semble avoir été un peu dilettante sur ce point.

Le résultat final est donc légèrement décevant en ce qui me concerne, manquant de jus et d'énergie. Notons toutefois le plaisir de retrouver les intérieurs almodovariens toujours aussi chics, une belle fluidité dans la mise en scène (toutefois aussi en retrait par rapport à d'autres films du réalisateur espagnol) et une direction d'acteur toujours aussi sûre.  

C'est le deuxième film de la compétition Cannes 2026 qui montre à la fois un créateur en train d'écrire et ce qu'il écrit, et la deuxième déception (après Histoire Parallèles)

 

2e

Voir les commentaires

Histoires parallèles

Comme c'est très souvent le cas pour les réalisateurs étrangers tournant en France, le cinéma de l'Iranien Farhadi semble totalement se dénaturer au contact des professionnels de l'hexagone.

Alors que le scénario, un peu convenu, pourrait être rendu intéressant par une belle mise en scène, il est ici gâté par un ensemble d'éléments qui le tire irrésistiblement vers les abysses de la médiocrité : une écriture inutilement alambiquée, des personnages mal dessinés (le falot Adam, joué par Adam Bessa), des dialogues artificiels parfois annoncés sans conviction (le dialogue Deneuve / Huppert est une catastrophe), un montage poussif, une durée excessive, une direction artistique sans inspiration, des impasses scénaristiques.

On peine à trouver dans ce fade imbroglio une ou deux qualités. Peut-être les prestations de Vincent Cassel, vulnérable et empâté, et de Virginie Efira, parfait girl next door, sont-elles à sauver. Pour le reste, il faut bien reconnaître que rien n'est réussi et que toutes les idées semblent tomber à côté de plaque.

Histoires parallèles, à mille lieues du joyau de sèche concision qu'était Une séparation, paraît n'être qu'un essai boursouflé et insipide, qui génère au mieux un ennui distancié, au pire une irritation qui va croissante au fil de ses 2 heures et 19 minutes.

A éviter.

Asghar Farhadi sur Christoblog : Les enfants de Belleville - 2004 (***) / A propos d'Elly - 2009 (***) / Une séparation - 2010 (****) / A propos d'Une séparation : le vide avec un film autour / Le passé - 2013 (**) / Le client- 2016 (***) / Everybody knows - 2018 (**) / Un héros - 2021 (****)

 

1e

Voir les commentaires

L'inconnu du Nord Express

Dans la filmographie d'Alfred Hitchcock, certains films paraissent quasiment mathématiques. L'inconnu du Nord Express fait partie de ceux-ci.

Il y a en effet dans la progression de l'intrigue une rigueur implacable qui semble devoir acculer le "gentil" (joué par le lisse Farley Granger) à se compromettre moralement, poussé dans ses retranchements par l'un des plus beaux méchants hitchcockiens, interprété par le formidable Robert Walker, qui disparaîtra malheureusement peu après avoir tourné ce film.

Le film est passionnant dans sa première partie, lors de laquelle le mal semble pouvoir corrompre l'esprit droit du jeune champion de tennis. On est alors littéralement happé par l'engrenage qui semble imparable. A partir du moment où le dilemme moral est résolu, le film devient plus quelconque et perd un peu de son intérêt, d'autant plus que la scène finale du manège n'a pas très bien vieilli, comme celle du match de tennis.

Un très bon cru cependant, avec de grands moments de mise en scène (l'ouverture qui, génialement, ne filme que les pieds des protagonistes).

Alfred Hitchcock sur Christoblog : Rebecca - 1940 (***) / Sueurs froides - 1958 (***)

 

3e

Voir les commentaires

La Vénus électrique

Le festival de Cannes ne pouvait guère rêver meilleure ouverture. Le nouveau film de Salvadori, bourré de charme et d'invention, est en effet un chant d'amour au simulacre, à l'illusion, à l'imposture, et donc d'une certaine façon, au cinéma.

L'action se passe dans les années 20, et il faut d'abord dire que la reconstitution de cette période est très réussie, à la fois réaliste et rêvée, comme si les décors étaient très légèrement phosphorescents.

Le milieu de la peinture et de la fête foraine, associés à l'esprit de l'époque, permettent au scénario un peu bizarre (un homme croit communiquer avec sa femme décédée à travers une fausse spirite) de se développer sans que l'on crie à l'irréalisme.

Les acteurs et actrices adoptent d'ailleurs un jeu très légèrement forcé, qui s'adapte parfaitement au contexte. Anais Demoustier est à l'aise avec toutes les facettes de son personnage mutin, Gilles Lellouch est bluffant et semble sorti d'une caricature de l'époque, Pio Marmaï n'a jamais joué aussi finement et Vimala Pons est toujours capable de mettre le feu à l'écran avec un simple sourire. Tout ce petit monde s'en donne à coeur joie, semblant prendre un grand plaisir à composer des tableaux de natures très différentes, tour à tour burlesques (la suspension d'Antoine à la corde !), sentimentaux o intrigants.  

L'écriture du film est formidable de subtilité et de précision, et La Vénus électrique est bourrée de trouvailles tant au niveau de la mise en scène (les formidables plans d'Antoine découvrant la vérité à la fête foraine) que de l'écriture et du montage (les incessants allers-retours entre époques par le biais de la formidable trouvaille du journal intime). 

Une réussite à tout point de vue, et pour moi le meilleur film de Pierre Salvadori. 

 

4e

Voir les commentaires

Die my love

Le nouveau film de Lynne Ramsay présente plusieurs défauts majeurs.

Tout d'abord, sa progression dramatique très lente et chaotique ne favorise pas l'intérêt.

Le jeu de Jennifer Lawrence, qu'on a connu plus inspirée, est outrancier dès le début du film, et ne permet pas de ressentir l'évolution intérieure de cette femme dont la dépression post-partum flirte avec la psychose.

Ainsi, l'expression du mal-être de son personnage passe par des messages aussi subtils que : marcher à quatre pattes, fantasmer sur le premier venu (un motard noir qui fait de gros vroum-vroum), lécher les vitres. On ne croit pas un instant à tout cela.

Quant à la relation qui la lie à son partenaire de jeu, Robert Patinson, je ne l'ai ni comprise ni éprouvée. On peut aussi s'étonner de voir cette mère, à l'évidence dangereuse, laissée si seule avec son enfant (alors que le couple semble très entouré, par exemple à son mariage).

D'incohérences en esbroufe de mise en scène inutile, le film ballote son spectateur tout au long de scènes gênantes ou ennuyeuses. La bande-son envahissante est horrible. J'ai beau chercher, je ne vois aucune qualité au film : une catastrophe. 

 

1e

Voir les commentaires

Plus fort que moi

Voilà bien le genre de film que seuls les Anglais savent produire à la perfection, mélange idéal de destin individuel, de tableau social, de comédie de moeurs et de feel-good movie. On pense à Billy Elliot, The full monty, La part des anges, Ali & Ava, Pride et tellement d'autres ....

On suit ici le destin de John Davidson, atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, de l'adolescence à l'âge adulte. Ses extrêmes difficultés (dans les années 80 la maladie n'est pas vraiment connue), le quasi-abandon de ses parents, ses heureuses rencontres et sa façon de finalement réussir da vie.

Le film de Kirk Jones est rondement mené, parfaitement écrit, monté avec un rythme très agréable, et bénéficie d'un double avantage décisif : un casting parfait (Robert Aramayo en tête, bluffant et ne donnant jamais l'impression de surjouer) et une belle reconstitution des différentes périodes traversées.

On oscille constamment entre larmes et rires, les deux arrivant parfois simultanément. Dans le genre du feel-good movie qui fait réfléchir avec ambition, c'est un must.

 

3e

Voir les commentaires

Une jeunesse indienne

Le Covid a inspiré quelques films en Occident, mais l'originalité de celui-ci est de donner à voir ce qu'a pu représenter l'épidémie dans un pays comme l'Inde, sur la base d'un récit à la fois picaresque et éprouvant, à la Dickens.

Mais avant que la maladie viennent percuter leur destinée, on commence par suivre deux amis dans leur rêve de d'ascension sociale. 

Cette première partie est intéressante par ce qu'elle montre de la société indienne (racisme, précarité, faible protection sociale), mais le film révèle tout son potentiel dans une deuxième partie qui réserve son lot de scènes sidérantes (quais de gare bondés, ostracisme sans pitié envers les malades). Les scènes se déroulant dans une usine textile où les ouvriers sont abandonnés à eux-mêmes en pleine épidémie sont impressionnantes.

Le réalisateur, Neeraj Ghaywan, montre ici un véritable talent pour raconter une histoire de façon romanesque, voire (un peu trop ?) mélodramatique, et pour rendre ses personnages attachants : il faudra suivre ses prochains films.

 

2e

Voir les commentaires

La corde au cou

Après sept ans d'absence, Gus Van Sant revient plutôt en forme avec cette histoire de pauvre gars un peu dérangé, preneur d'otage du courtier qui l'a ruiné.

Au rayon des qualités du film, il faut signaler la parfaite reconstitution de l'année 1977, le groove jazzy de la bande-son et du personnage d'animateur radio joué par Coleman Domingo, la réalisation classieuse qui s'ingénie entre autre à reconstituer les images télé d'époque, le sous-texte politique qui densifie le film et enfin l'interprétation parfaite de Bill Skasgård et Dacre Montgomery.

Du côté des faiblesses, j'ai trouvé que le film traînait un peu en longueur (pas beaucoup de vraie tension) et peinait à proposer une évolution psychologique des personnages (à l'exemple de la dispensable dernière scène dans le magasin de muffins).

Le résultat est toutefois convaincant, en particulier parce que l'issue de l'enlèvement n'est pas jouée d'avance et maintient un petit suspense jusqu'au bout. L'image est de toute beauté aussi.

 

2e

Voir les commentaires

Romería

Projeté (sans doute un peu brutalement) dans le feu ardent de la compétition à Cannes en 2025, ce joli film délicat de la Catalane Carla Simón est agréable à découvrir.

Le point de départ est séduisant : une jeune fille dont les parents sont morts du SIDA revient à Vigo pour obtenir un document attestant son ascendance.

Elle est accueillie par ses oncles et tantes, et des grands-parents odieux. Elle va découvrir petit à petit le sort de ses parents, et par le biais de très beaux passages oniriques, va même revivre à l'époque de ses parents. Romería est émaillé de trouvailles plaisantes et poétiques (une vengeance piquante, un carnet qui s'anime), mais il manque au film, en grande partie autobiographique, une dimension narrative plus accentuée.

La jeune actrice Llúcia Garcia, dont c'est le premier film, est formidable : elle ne peut empêcher son visage de rayonner, même quand elle tente de rester complètement impassible.

Une réalisatrice à suivre, qui a obtenu l'Ours d'or avec son film précédent, Nos soleils.  

 

2e

Voir les commentaires

Concours Elle entend pas la moto : Gagnez 3 DVD (Terminé)

A l'occasion de la sortie en DVD chez Epicentre Films de Elle entend pas la moto, je vous propose de gagner le DVD du film.

Pour ce faire :

 - Répondez aux questions suivantes:
1) Pour quelle série d'émissions célèbre de la RTBF la réalisatrice Dominique Fischbach a-t-elle travaillé ?
2) Quelle est le prénom du personnage principal du film ?
 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 22 avril, 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>