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Christoblog

La Gradiva

La Gradiva est un très bon film. On pénètre rapidement les arcanes de ce petit groupe de lycéens en voyage de classe à Naples et Pompéi, et on s'attache sans difficulté aux principaux personnages.

La façon de filmer de Marine Atlan (caméra souvent très proche des visages, alternance de focales et de style de cadrage) facilite le côté immersif de l'expérience : le spectateur est souvent au coeur des dialogues, au plus proche de l'action.

Les trois principaux jeunes interprètes (Colas Quignard / Toni, Mitia Capellier-Audat / James, Suzanne Gerin / Suzanne) font leurs premiers pas devant la caméra avec une tranquille assurance mais aussi une inexpérience, qui, selon moi, rend la fin du film un peu moins brillante.

La Gradiva capte l'air du temps et l'état d'esprit de la jeunesse d'aujourd'hui avec une belle acuité. Du rap (très belle scène de danse collective sur Kongolese sous BBL de Theodora) à parcoursup, du racisme aux angoisses concernant l'avenir, de la drogue à la politique, des conflits de classe aux mémoires familiales, de l'amitié au sexe, tout y est objet de narration.

Le film présente également un autre intérêt, c'est de confronter la brûlante actualité des ados au poids de l'histoire, en les confrontant à la beauté de l'art antique et à l'incroyable violence de l'éruption qui raya Pompéi de la carte. Le sens de la vie, sur lequel les jeunes s'interrogent tous de près ou de loin, semble ainsi imprégner le film à tous les niveaux.

Seul petit bémol, qui m'empêche de donner la note maximale, c'est l'irrégularité du film dans son intensité. J'ai trouvé qu'il était trop long (2h25), que certaines scènes s'étiraient sans raison, et que globalement la dernière demi-heure comprenaient de nombreuses maladresses de jeu et de scénario (je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler la fin du film).

On entendra très probablement parler de toute cette petite troupe à l'avenir !

 

3e

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Exit 8

Rattrapage Canal+

Je n'avais pas spécialement envie de voir ce film tiré d'un jeu video, et puis je me suis laissé tenté par sa durée ramassée (1h35), son affiche colorée et l'accueil plutôt favorable que lui a réservé le Festival de Cannes.

Bien m'en a pris, car l'expérience a été franchement plaisante. 

Le film de Genki Kawamura est l'exemple parfait de l'oeuvre ludique. Le principe en est simple : un quidam est bloqué dans le métro, prisonnier d'une boucle étrange qui le fait repasser dans les mêmes couloirs (il faudrait s'interroger un jour sur la passion du peuple japonais pour les boucles temporelles de Comme un lundi à En boucle). 

D'un point de vue cinématographique, Exit 8 n'est pas un chef d'oeuvre. Son intérêt tient principalement dans son scénario, structuré en trois parties qui apportent chacune une pierre à l'édifice du film et à la reconstitution d'une histoire complètement loufoque, mais qui au final possède sa cohérence.

Pour ma part, j'ai vu dans ce cauchemar éveillé une manifestation sensible de l'inconscient d'un jeune adulte effrayé de devenir père, et cette idée m'a stimulé intellectuellement, pendant toute la deuxième partie du film.

Très amusant, si on aime les spéculations intellectuelles innocemment horrifique.

 

2e

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Minotaure

Andreï Zvaguintsev est sans conteste l'un des meilleurs cinéastes contemporains, si ce n'est le meilleur. Minotaure fournit une nouvelle preuve de son immense talent.

Le scénario (inspiré du film de Chabrol La femme infidèle) est sec comme un verre de vodka, et d'une noirceur abyssale : il nous fait approcher la vraie banalité du mal, qui se love au fond du coeur sous les atours du besoin d'amour.

En entremêlant tableau en creux de la guerre en Ukraine (chars transportés en train, exils préventifs, graffitis, affiches de propagande, estropiés dans la rue) et drame intime (un couple qui se défait car la femme n'y trouve plus sa place), il réussit un coup de maître qui nous captive. Le point d'intersection des deux thématiques, que je ne peux dévoiler ici, est d'une perversité redoutable.

Mais c'est la mise en scène, fluide, précise et élégante, qui m'a le plus ravi. Je ne crois pas qu'on puisse voir plus beaux mouvements de caméra dans le cinéma actuel. Les cadrages sont d'une beauté irréelles et la photographie d'une grande pureté. Toutes les images sont un ravissement pour le regard et le cerveau, qui se délecte des jeux de transparence et de reflets que propose Zvaguintsev.

Iris Lebedeva (Galina) et Dmitri Mazourov (Gleb) se mettent au diapason de la qualité globale du film en offrant une prestation pleine de nuances et de fragilités.

Perfection formelle et profonde noirceur : Minotaure est un grand film qui ne peut laisser indifférent. 

 

4e

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Rose

Sandra Hüller sait décidément vraiment tout faire. Bien loin des femmes fortes et ambigües de Toni Erdmann ou d'Anomalie d'une chute, l'actrice allemande campe ici avec brio une femme qui se fait passer pour un homme, au XVIIème siècle.

La guerre de trente ans a laissé sur la joue de l'héroïne-soldat une terrible cicatrice qui l'aide probablement à réussir son imposture, mais les choses vont se compliquer quand un des meneurs du village décide de marier sa fille au nouveau venu.

Le film de Markus Schreiner se distingue par la grande qualité de sa photographie, son noir et blanc peu contrasté mais très précis, et son montage vif. Rose est un délicat objet filmique, à la fois désuet dans son décorum et moderne dans son propos, puisque l'histoire de Rose raconte à travers une histoire particulière la manière dont les collectifs rejettent la différence, et aussi celle dont les hommes traitent les femmes. A ce titre, la fin du film est particulièrement édifiante.

Du bel ouvrage, original et captivant.

 

3e

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Aftersun

Il est extrêmement rare de voir un premier long-métrage aussi beau et maîtrisé qu'Aftersun.

Après un début un petit peu troublant (des images pixelisées qu'on devine issues d'un caméscope), l'intrigue se déploie lentement : une jeune femme se rappelle une semaine de vacance dans un hôtel club turc avec son père, dans les années 90, quand elle avait onze ans.

Que s'est il passé de remarquable lors de ce séjour ? La question, lancinante, nous tient en haleine tout le film, et il faudra avoir été attentif pendant toute la projection pour bien comprendre ce que signifie le sublime dernier plan. Longtemps après l'avoir vu, Aftersun continue de diffuser dans l'imaginaire du spectateur les lourds parfums de la nostalgie et de la fatalité.

Charlotte Wells se révèle ici une autrice exceptionnelle. L'écriture est d'une grande finesse, suggérant doucement ce qu'on finira par extrapoler, la mise en scène regorge d'idées originales et souvent magnifiques (les jeux de correspondances, de reflets et de transparence, les associations d'idées poétiques, les cadrages profondément originaux). On a hâte de suivre dans la durée le travail de cette réalisatrice britannique.

Il faut enfin saluer l'extraordinaire connivence entre Paul Mescal et la jeune Frankie Corio, qui sature l'écran de tendresse et de nostalgie.

Dans le genre "film d'auteur pour festivals", c'est du grand art.

 

3e

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Les éléphants dans la brume

Voici une belle surprise venue du Népal.

Le milieu décrit est pour commencer très original. Nous sommes plongés dans la communauté des kinnars, des femmes transgenres qui vivent ensemble, vénèrent une déesse et distribuent malédictions et bénédictions.

L'immersion dans ce monde mérite à lui seul de voir le film, mais les développements narratifs ajoutent une dimension dramatique remarquable : il va être question de désir, de culpabilité, de traque et de vengeance.

Le film peut-être vu comme une sorte de western oriental, dans lequel il y aurait une nature imposante, des communautés qui s'opposent, des destinées qui s'entrechoquent et des animaux sauvages totémiques. J'ai été captivé par la progression millimétrique de l'intrigue, la profondeur des sentiments explorés et la beauté des images, qu'on doit au directeur de la photographie français Noé Bach.

Les éléphants dans la brume est sans nul doute une des découvertes majeures de 2026.

 

3e

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Concours Maspalomas : Gagnez 3 DVD (Terminé)

A l'occasion de la sortie en DVD chez Epicentre Films de Maspalomas, je vous propose de gagner le DVD du film.

Pour ce faire :

 - Répondez à la question suivante :
Quel prix a remporté l'acteur José Ramon Soroiz ?
 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 20 octobre, 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte X ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Les roches rouges

Quel plaisir de retrouver Bruno Dumond toujours aussi imaginatif !

Dans ce nouvel opus en forme d'épure, le nordiste parvient à se renouveler en ne filmant pratiquement que des enfants très jeunes (cinq ans environ).

La petite troupe, filmée de façon quasi-documentaire, joue devant nous une sorte de Roméo et Juliette : deux "bandes" rivales et un amour qui nait entre Eve et Geo.

Il y a quelque chose de fascinant, et peut-être pour certains de dérangeant, dans l'idée de faire jouer des sentiments d'adultes (amour, jalousie, désir de violence) à des enfants si jeunes, qui ne doivent pas vraiment les comprendre. Le résultat est sidérant et n'a, à mon avis, jamais été vu au cinéma : du jeu sans intention, des moments de vérité happés par la caméra, et une étrangeté de tous les plans.

Ajoutons à cela de l'humour (façon P'tit Quinquin), un paysage magnifique, du suspense, de véritables visions (les trois chiens du grand-père italien) et vous obtiendrez ce qu'on aime chez Dumont deuxième manière : une oeuvre marquée par la surprise et la poésie, générant un plaisant sentiment de malaise.

 

3e

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Notre salut

Pas facile de décider quoi penser de Notre salut, d'un point de vue de cinéphile.

Le fond du film, à savoir l'évolution d'Henri, laisse d'abord un peu sceptique : ce dernier ne semble être qu'une sorte de Rastignac vichyssois, margoulin des affaires qui ne progresse que par opportunisme et grâce à une confiance en soi inébranlable.

Son socle idéologique semble bien effacé, exprimant une vague tendance à promouvoir l'ordre (mais plutôt sous un angle taylorien que pétainiste), et un respect marqué de l'autorité. Pour le reste, Henri ne semble pas avoir beaucoup d'opinion, alors que ses homologues sont bien plus assertifs, dans un sens comme dans l'autre, à propos de la question des Juifs, comme on le voit très bien lors d'une réunion de "debriefing" suivant les premières rafles.

Le film trouve donc là une première limite : n'ayant pas, ou peu d'opinion, il est un peu difficile de s'émouvoir de la destinée d'un homme médiocrement technocrate.

Son destin nous apprend-il par ailleurs quelque chose à propos de la période ? Je n'en ai pas été persuadé, tant Emmanuel Mare rechigne à entrer précisément dans les rouages sociologique de l'époque.

Le film présente toutefois un intérêt dans la façon dont il est conçu, mettant ostensiblement en évidence toute une série de choix de mise en scène radicaux, plus ou moins convaincants, mais plutôt originaux : colorimétrie terne (privilégiant le jaune à l'intérieur et le gris-bleu à l'extérieur), caméra à l'épaule, cadrages étranges, utilisation de musiques décalées et anachroniques (Life is life), éclairage frontal et violent des scènes nocturnes, dialogues parfois délibérément inaudibles.

Un autre point fort du film est la façon dont l'intime se mêle à la chronique historique, notamment par le biais des lettres, qui se trouvent être les véritables lettres échangées par le grand-père et la grand-mère du réalisateur, et qui apportent au film un petit peu de sensibilité. 

Pour résumer, Notre salut est intellectuellement stimulant de plusieurs points de vue, mais sa durée (2h40) pourra être jugée excessive au regard de son propos, pour moi finalement assez ténu.

Emmanuel Marre sur Christoblog : Rien à foutre (avec Julie Lecoustre) - 2022 (***)

 

2e

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Dix pour cent

Sur Netflix

Une fois de plus, nous voici obligés de constater qu'une série agréable ne donne pas forcément un bon film.

Pour faire simple, la série Dix pour cent plaisait parce qu'elle mettait en scène  des acteurs de grande renommée sous un faux vrai jour sympathique, tout en tissant des arcs narratifs pour tous les membres de l'agence.

C'est probablement de ce contraste (les stars passent, les gens ordinaires vivent) que le plaisir surgissait, d'autant plus que les mésaventures de notre sympathique équipe n'étaient jamais mièvres. Elles parcouraient au contraire toute une palette d'émotions douces-amères : tristesse, dépression, espoir, trahison, éloignement, difficulté à communiquer.

Dans le film d'Emilie Noblet, ce savoureux mix n'existe pas. Les stars convoquées (principalement Vincent Macaigne et Laetitia Casta) ne sont pas forcément très excitantes, et les péripéties du film sont trop bêtasses pour qu'on s'y intéresse. On s'ennuie donc franchement, attendant la fin qu'on devine heureuse avec un ennui poli, à peine attendris par le fait de revoir nos vieilles connaissances.

 

1e

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Garance

Si vous avez aimé les films précédents de Jeanne Herry (Pupille, Je verrai toujours vos visages), nul doute que vous adorerez Garance.

On y retrouve en effet les mêmes qualités d'écriture et de mise en scène, mais portées, je trouve, à un niveau encore supérieur : un montage nerveux, une intensité dans chaque scène qui permet de dessiner très rapidement la personnalité des différents personnages, une capacité naturelle à susciter les émotions sans jamais verser dans le larmoyant, une pudeur d'une grande sensibilité, une écriture inventive et précise, une faculté de porter le jeu des acteurs/trices à incandescence.

C'est peu dire qu'Adèle Exarchopulos trouve ici un rôle majeur, qu'on peut de façon curieuse rattacher à celui d'Adèle dans La vie d'Adèle : le premier plan du film rappelle d'ailleurs furieusement celui du film de Kechiche.

Dans ces expressions de colère, de désarroi, de désir, d'ennui, de désespoir, elle est tout simplement prodigieuse, semblant pouvoir faire surgir à tout moment le torrent tumultueux de la vie dans une oeuvre de fiction. 

A ses côtés, le casting parfait nous entraîne dans cette chronique simple et à la fois exaltante : le combat de Garance pourrait être celui de tous, et il sera difficile au spectateur moyen de retenir une petite larme à plusieurs moments du film, et notamment devant le plan final, fascinant doigt d'honneur de la vie aux souffrances quotidiennes.

Magnifique.

 

4e

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Trois adieux

Trois adieux, c'est un mélo XXL.

Je vais spoiler un peu le film mais écoutez ça : Marta (incontournable Alba Rohrwacher) se fait larguer un peu bêtement par son mec. Un peu bêtement parce que la dispute initiale semble anecdotique, et que son compagnon, Antonio, regrette rapidement son geste.

Sur ce, Marta apprend quelle est atteinte d'un cancer en stade 4, et qu'elle va mourir... autant vous dire que le spectateur moyen, à ce moment, se demande bien pourquoi il est venu se mettre le moral en l'air avec une telle avalanche de malheurs, qui finalement ne racontent pas grand-chose.

D'autant plus que la réalisatrice espagnole de ce film italien (Isabel Coixet) n'y va pas mollo sur les effets dramatisants : effets de flous au moment de l'annonce, péripéties scénaristiques à la limite du risible (dont un enterrement de pigeons surréaliste), ralentis signifiants, promenade en vélo cheveux au vent pour profiter une dernière fois de la vie, etc.

J'ai rapidement décroché de ce brouet sentimentalo-édifiant (le genre qui fait écrire au journal La Croix : "Une ode à la vie"), et ai passé toute la fin du film à méditer sur le sujet suivant : comment sur le même thème (la mort inéluctable), le film Soudain pouvait proposer une variante quasi-métaphysique bouleversante, et Trois adieux une chronique insipide, générant aussi peu d'émotions.   

 

1e

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Histoires de la nuit

L'intérêt des livres de Laurent Mauvignier réside avant tout dans leur qualité littéraire : une langue dense et riche, lourde de sens cachés et de digressions poétiques. 

Autrement dit, le point fort d'un roman comme Histoires de la nuit n'est clairement pas son intrigue.

L'adaptation un peu sèche qu'en fait Léa Mysius, ne s'appesantissant pas sur la profondeur psychologique des personnages, ni sur leur relation, a donc pour résultat de donner une oeuvre aux faux airs de thriller, qui peine à trouver sa place dans le spectre des genres possibles.

Le film n'est pas à proprement parler une chronique sociale : les personnages sont superficiels, en particulier celui de Thomas, joué par un Bastien Bouillon qui a l'air un peu perdu, et dont on ne perçoit pas la nature profonde. On ne comprend pas non plus la réelle nature de sa relation avec Cristina.

Quant aux contextes sociologiques potentiellement effleurés par le film (les difficultés du monde agricole, la condition d'artiste en manque de succès, la réinsertion d'anciens délinquants), ils ne forment qu'une toile fond qui n'accroche pas l'attention.

Histoires de la nuit n'est pas non plus un home invasion traditionnel, même s'il en a tous les atours. Il manque de nerfs et d'efficacité pour être palpitant, et les traits d'humour qui le parsèment nuisent au maintien de la tension. La réalisatrice ne se montre pas vraiment à l'aise avec la violence, comme le démontre la calamiteuse scène de gunfight à l'extérieur.

Je suis donc resté perplexe devant ce drôle d'objet, et ai surtout trouvé un intérêt à observer le jeu exceptionnel de Benoît Magimel qui n'a pas d'équivalent pour jouer les méchants doucereux dont on sent qu'ils peuvent instantanément devenir des tueurs.

C'est pour moi le seul élément vraiment convaincant du film.

Léa Mysius sur Christoblog : Ava - 2017 (***) / Les cinq diables - 2022 (**)

 

2e

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La vie d'une femme

Après l'infirmière justicière de L'intérêt d'Adam et l'enquêtrice intègre de l'IGPN de Dossier 137, Léa Drucker endosse à nouveau un de ses costumes préférés, celui de Sainte laïque. 

Elle campe cette fois-ci une chirurgienne entièrement dévouée aux autres : ses collègues, sa soeur, son neveu, ses patients, sa mère, les enfants de son mari.

Sa sainteté n'a pas de limite. Elle prend même le temps d'aller en Ukraine soigner les victimes de guerre : je me suis demandé à quel moment une auréole allait apparaître au-dessus de sa blonde chevelure ! 

En réalité, tout cela présente un intérêt quasi-nul, d'autant plus que la toile de fond (l'hôpital public est en train de couler, ma brave dame), peut-être le sujet préféré des cinéastes français actuellement, a déjà fait l'objet de multiples représentations, parfois bien plus réussies (par exemple dans La fracture).

Mais attendez : la pauvre chirurgienne a bien le droit de profiter elle aussi de la vie ! Elle va le faire dans les bras de Mélanie Thierry, craquant pour elle dans le décor somptueux de la montagne italienne (et dans un chalet cosy s'il vous plait, car le film n'est pas à un poncif près).

A la fin du film, notre Chef de service en mode robocop se fait plaquer (par sa maîtresse, par son meilleur ami et collègue), permettant d'upgrader son statut de sainte en celui de martyr. A ce niveau de complaisance doucereuse, je dois dire que cela me faisait presque plaisir de la voir se prendre quelques claques, et que je n'étais pas loin d'espérer quelques malheurs de plus pour notre héroïne toujours béatement optimiste.

Pour finir, il me faut préciser que le film assez mal écrit, filmé souvent avec les pieds, et joué très inégalement. Je n'ai pas aimé du tout La vie d'une femme, vous l'avez compris.

Charline Bourgeois-Tacquet : Les amours d'Anaïs - 2021 (**)

 

1e

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Vivaldi et moi

A l'occasion de sa sortie en DVD

Commençons par oublier le titre, qui semble être une accroche de réseau social qui se voudrait cool, alors que le film est plutôt austère, sans éclairage artificiel (ou très peu), avec des décors grisâtres et une mise en scène qui prend son temps.

Le premier intérêt de Vivaldi et moi est de nous faire voir la façon de vivre dans la Venise du XXVIIIème siècle. La dureté de la vie, le sort des enfants abandonnés, la violence des rapports sociaux, le sort des femmes en général : tout y est montré frontalement, mais avec une douceur dans le regard qui atténue la violence de ce qui est raconté.

Bien sûr, on découvre au passage quelques éléments de la vie de Vivaldi, possédé par son art comme une rock star, asthmatique, isolé et ombrageux. Mais la force du film tient dans le personnage féminin de Cécilia (formidable Tecla Insolia), qui est prête à tout pour continuer à faire de la musique avec le maître, dans son Ospedale della Piéta.

La réalisation de Damiano Michieletto, très connu en Italie pour ses mises en scène d'opéra, est à la fois classique et inspirée. Elle contribue grandement au plaisir qu'on éprouve à suivre ce film instructif et prenant, tiré d'un roman à succès de Tizano Scarpa, qui s'inspirait lui-même de faits réels.

 

2e

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La frappe

Dans la veine du "réalisme social de province", qui a fourni beaucoup de films au cinéma français ces dernières années*, La frappe propose une variante autour de l'inceste, ou plutôt de ce qui reste de l'inceste quand les enfants ont grandi.

Le premier film de Julien Gaspar-Oliveri permet à un duo de jeunes acteurs (Diego Murgia, Romane Fringeli) de donner à voir une prestation habitée et convaincante. Bastien Bouillon sort de sa zone de confort pour jouer un salaud opaque et doucereux, affirmant son talent protéiforme.

Je n'ai pourtant pas été convaincu par le film à l'écriture trop indolente (des scènes s'étirent à l'infini sans raison), beaucoup trop long (1h45) et qui ne semble pas savoir exactement ce qu'il veut raconter. Les parti-pris de mise en scène du réalisateur (gros plans sur la peau des personnage, caméra à l'épaule) ne m'ont pas vraiment convaincu.

Malgré ses qualités de réalisme frontal et dépouillé (on pense parfois à un Kechiche rabougri), La frappe est donc pour moi plutôt décevant, et éprouvant à regarder.

* En vrac : L'épreuve du feu, Partir un jour, La pampa, Vingt Dieux, Diamant brut, Chien de la casse...

 

2e

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Concours Notre salut : Gagnez 3x2 places (Terminé)

A l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 3x2 places pour découvrir le film Notre Salut d'Emmanuel Marre, prix du scénario à Cannes, qui sort sur les écrans le 30 septembre.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quel film Emmanuel Marre a-t-il réalisé avec Adèle Exarchopoulos ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 25 septembre 20h
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite les places envoyé par mail par le distributeur. NB : un des trois lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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L'inconnue

L'inconnue est un film intrigant et souvent fascinant, mais contrairement à ce qu'affirme plusieurs critiques, il n'est pas du tout difficile à suivre ou à comprendre.

L'intrigue est assez simple en réalité : un homme (méconnaissable Niels Schneider) se retrouve dans un corps de femme (à peine reconnaissable Léa Seydoux). Il recherche son enveloppe corporelle, la retrouve, et ... va ensuite de surprise en surprise.

Arthur Harari se tient à plusieurs principes assez clairs : ses personnages essayent de gérer leur situation de façon la plus rationnelle possible (et cet aspect est très bien vu), ils sont hébétés par ce qui leur arrive, et pas vraiment à l'aise dans leur nouveau corps.

Le film n'est ni horrifique, ni comique : il préfère mettre efficacement en scène un vertige métaphysique, et parvient à colorer cette épopée de l'étrange d'un gris profondément mélancolique. En cela il constitue presque un manifeste philosophico-poétique, servi par deux acteurs qui semblent étrangers à leur enveloppe corporelle.

Un beau et grand moment de cinéma.

Arthur Harari sur Christoblog : Diamant noir - 2016 (**) / Onoda - 2021 (****)

 

3e

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Concours Father : Gagnez 3 DVD (Terminé)

A l'occasion de la sortie en DVD chez Epicentre Films de Father, je vous propose de gagner le DVD du film.

Pour ce faire :

 - Répondez à la question suivante :
1) De quelle nationalité est la réalisatrice Tereza Nvotova ?
 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 18 septembre, 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Girl

Il y a beaucoup de choses intéressantes dans le premier film, en tant que réalisatrice, de l'actrice Shu Qi, égérie (entre autre) de Hou Hsiao-Hsien.

En vrac : une sensibilité à fleur de peau, une direction d'acteur intense, des idées originales, une belle densité dans certaines scènes particulièrement oppressantes.

Malgré ces qualités, Girl est toutefois une oeuvre difficile d'accès.

Son introduction d'abord, comprend des passages oniriques dont on ne comprend pas vraiment le sens (saut dans le passé, vision de la mère ?) et qui perturbent notre compréhension. Ce point est d'autant plus troublant que le film devient ensuite tout à fait normal, dans une veine quasi naturaliste.

Il faut également être préparé à des séquences dérangeantes donnant à voir la violence d'un père alcoolique dans tout ce qu'elle a de plus horrible. Cette ambiance doloriste pourra profondément déranger les spectateurs les plus sensibles : on attend durant plus de deux heures que le destin délivre finalement cette femme et ses deux filles de leur calvaire.

Malgré ces réserves, je termine plutôt sur une note positive cette chronique partagée : le style dense et la sensibilité de Shu Qi méritent d'être découverts.

 

2e

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